Et Vous ?Interview

Les clients du commerce équitable en ont-ils une perception juste ? Quelles questions se posent-ils et sont-ils satisfaits de l’information qu’ils trouvent ? Rencontre avec une nouvelle cliente de Malongo.

Anne a 37 ans. D’origine bretonne, elle réside dans l’arrière-pays niçois avec son compagnon et ses deux enfants. Diplômée en Espagnol, elle a travaillé plusieurs années aux Antilles dans le domaine du tourisme, avant de se tourner vers l’éducation. Elle est aujourd’hui professeur des écoles dans une Zone d’Éducation Prioritaire de Nice. Pourquoi a-t-elle dernièrement fait l’acquisition d’une machine Malongo « Oh Expresso » ? Discussion dans un Malongo Café, autour d’un « Moka Sidamo ».

 

Qu’est-ce qui vous a amenée à faire le choix d’une machine « Oh Expresso » ?

Je possédais depuis quelques années une machine à dosettes d’un de vos concurrents. J’aime terminer mes journées avec une tasse de décaféiné et celui de ma marque était vraiment médiocre. J’ai eu l’occasion de goûter le Déca Aqua de Malongo et j’ai senti un abîme entre les deux ! En regardant de plus près vos machines « Oh Expresso », j’ai été séduite par leur forme et le choix de couleurs… J’ai choisi le coloris « chocolat ».

 

Ce n’est donc pas la volonté de consommer un café issu du commerce équitable qui a motivé ce choix ?

Si, bien sûr. Je savais que les cafés Malongo étaient pour la plupart équitables. Sans vraiment la connaître, j’avais plutôt des avis favorables sur cette démarche. Faire le choix d’un café plus cher n’était pas un problème, car je ne consomme de café que très modérément, un le matin, un après le déjeuner et un déca le soir… Mais ils sont incontournables ! Comme c’est une très petite part de mon budget, pourquoi me refuser de la très bonne qualité ?

 

Qualité et commerce équitable sont donc liés ?

Absolument. J’associe commerce équitable, travail artisanal et petite agriculture. Pour moi, en termes d’agriculture, moins c’est sophistiqué, plus c’est simple et naturel, et meilleur c’est !

 

Quelle idée avez-vous du commerce équitable ? Pour vous, quel est son principe ?

En achetant équitable, j’ai dans l’idée qu’une plus grande partie de ma dépense sera reversée à ceux qui travaillent la terre, et non à des intermédiaires. C’est le travail qui est rétribué, et non de grands groupes cotés en bourse, propriétés d’actionnaires. Je préfère soutenir le travail et donner mon argent à des paysans plutôt qu’à des fonds d’investissement américains. J’imagine que le commerce équitable concerne seulement les petits paysans… Je suppose qu’ils se regroupent en coopératives assez structurées pour mettre en place leurs propres circuits de vente…

 

Selon vous, comment les caféiculteurs vendaient-ils leur production avant le commerce équitable ?

Sans aucun doute à un grossiste qui achetait à un prix fixé par lui-même et retirait une marge maximale avant l’export. Il ne devait pas se gêner pour acheter en dessous du coût de production… puisque c’est un problème qui se pose jusque chez nous.

 

Croyez-vous que le commerce équitable ait fondamentalement changé la vie de ces producteurs ?

Aucune idée ! Il y a un manque total de communication à ce sujet. À la télévision, on voit chaque soir de courts sujets sur l’écologie… On a aussi vu des spots nous vanter l’artisanat… Pourquoi ne pas proposer l’équivalent sur le commerce équitable ? Les structures sont-elles encore trop petites ou marginales pour s’offrir des films publicitaires ? Et la presse, pourquoi en parle-t-elle si peu ? Est-ce paranoïaque d’imaginer que des lobbys font pression ?

Dans les rayons des magasins, comment reconnaissez-vous les produits équitables ?

Parce qu’ils sont tous regroupés, et qu’il est écrit « Commerce Équitable » sur leurs emballages ! Je me fie plus à cette mention qu’à un logo, dont j’ignore la signification. Certains sont peut-être plus fiables que d’autres. L’information sur le sujet est rare ! Il faut faire la démarche d’aller la chercher soi-même sur Internet. Je ne suis qu’une néophyte : le café Malongo est le seul produit équitable que je consomme régulièrement. Je mange un chocolat qui porte le nom d’un gigantesque groupe alimentaire ! À la vérité, j’ai plutôt tendance à faire des efforts sur les produits biologiques.

 

Commerce équitable et produits biologiques ne seraient donc pas vraiment liés ?

Pas du tout. Pour moi ce sont deux choses bien distinctes. Consommer un produit venu de loin ne me paraît de toutes façons pas écologique, du fait qu’il faille le transporter. Ensuite, un café équitable ne me semble pas spécialement avoir été produit dans une démarche de respect de la nature… Je me trompe ?

 

Oui ! Les cahiers des charges des labels équitables imposent des normes drastiques en matière de respect de l’environnement. Pensez-vous que le commerce équitable soit un « truc de bo-bo » ? Ou un phénomène de mode ?

Bourgeois bohême, sûrement pas ! Les producteurs qui triment dans leurs champs sont bien loin de nos problématiques bo-bo pas bo-bo ! Phénomène de mode non plus. Tous ceux qui le peuvent essayent de consommer des aliments de qualité. Si les gens ne le font pas, c’est uniquement une question de moyens. J’aimerais manger éthique tout le temps, ne donner que du naturel à mes enfants, faire mes courses comme autrefois, n’acheter que les « paniers de légumes » proposés par les cultivateurs locaux. Mieux on mange, meilleure est notre santé.

 

Comment voyez-vous l’avenir du commerce équitable ?

Pas sous le meilleur jour s’il n’y a pas un gros effort sur la communication. Il est trop reclus dans un coin des magasins (j’ai remarqué que ce n’était pas le cas de Malongo, qu’on trouve au rayon café !), presque aucune information n’est disponible sur la place publique. Certes, il s’agit d’un engagement, je devrais donc moi-même faire la démarche d’aller m’informer… Il n’empêche qu’à mon avis, le commerce équitable devrait aller davantage au devant des gens.