Portrait : Francisco Van der Hoff

Francisco Van der Hoff a consacré sa vie à défendre les opprimés contre les injustices sociales.

 

Natif des Pays-Bas, il passe son enfance dans la ferme familiale, où sa mère élève 17 enfants ! Une véritable tribu dont chaque membre participe aux travaux agricoles. C’est sans doute de cette enfance communautaire et paysanne qu’il tiendra sa vocation. Après de brillantes études de sciences politiques et de théologie, il travaille au Chili comme prêtre-ouvrier.

L’arrivée au pouvoir de Pinochet l’oblige à rejoindre Mexico où il s’investit très activement dans les mouvements sociaux. Lourdement menacé, il est contraint de fuir la ville et gagne l’isthme de Tehuantépec. Embauché comme caféiculteur, il apprend ce nouveau métier ainsi que la langue zapotèque, et se fait adopter par la communauté paysanne, jusqu’à devenir lui-même producteur de café.

La suite, nous la connaissons, c’est la grande aventure du commerce équitable. Aujourd’hui, le Padre Van der Hoff habite le petit village zapotèque de BarrancaColorada, dans une vieille bâtisse où les livres abondent. Il cultive toujours du café, dit régulièrement la messe et continue à s’impliquer dans le développement de l’UCIRI. Il est âgé de 72 ans.

 

 

Droit de réponse : la dimension humaine du commerce équitable se fonde sur l’adhésion de tous les membres d’une communauté à une même stratégie. Cela implique de devoir trouver sans cesse des accords entre producteurs, négociants et organismes de contrôle. Est-ce viable face à la concurrence d’un marché à la réactivité quasi immédiate ?

En effet, des communautés telles que l’UCIRI obéissent à la loi du « consensus », source d’une grande complexité et parfois d’une extrême lenteur dans les mouvements. Chaque décision doit être prise à l’unanimité. Parallèlement, les coyotes sévissent toujours, surtout lorsque les cours du café remontent : ils peuvent alors offrir un prix concurrentiel, certes plus bas que celui de l’UCIRI, mais payé cash. Ils jouissent d’une réactivité immédiate pour ajuster leurs prix, un coup de téléphone portable leur suffit, alors que la coopérative doit entamer de multiples procédures pour mettre tout le monde d’accord. C’est pourquoi 40 % des producteurs de l’isthme travaillent encore avec les coyotes ! Mais il faut aussi savoir que, si les décisions sont longues à prendre à l’UCIRI, elles aboutissent à l’accord de 2500 familles sur des objectifs et une stratégie. Celles-ci représentent alors un hyper contrepouvoir commercial et politique.

 

Humanité bien ordonnée…

Une marque peut-elle se découvrir une vocation, au même titre qu’un être humain ? Poser cette question, c’est oublier qu’une entreprise n’est rien d’autre qu’une collectivité d’hommes et de femmes réunis autour d’un projet commun. Regroupé derrière son capitaine Jean-Pierre Blanc, le personnel de Malongo forme un équipage où chacun donne le meilleur de soi pour maintenir le navire Malongo dans son cap, sur la mer houleuse du marché international. Avant de s’enorgueillir d’avoir privilégié la dimension humaine dans ses partenariats avec les producteurs, Malongo s’attache au respect de la personne humaine à l’intérieur même de son entreprise. Le bien-être des salariés est une valeur essentielle de l’éthique maison.

 

Le Manifeste des pauvres

Après plus de 20 années d’échanges passionnés, Jean-Pierre Blanc encourage Francisco Van der Hoff à se lancer dans la rédaction d’un message d’espoir à l’adresse des consommateurs et des nouvelles générations. C’est au terme de plusieurs journées passées ensemble dans un lieu confidentiel du Mexique, avec l’aide du journaliste Aymeric Mantoux et l’appui de l’éditeur E. Bonnier, que naît le « Manifeste des pauvres », une réflexion, une protestation et un ensemble de propositions qui synthétisent la pensée du « père du commerce équitable ». Un livre dressé contre l’obscurantisme des marchés et le charity business, qui pose les bases d’une alternative au néolibéralisme, pour l’émergence d’une « économie sociale solidaire ». Une lecture fondamentale pour tous ceux qui veulent connaître et comprendre le commerce équitable.