Laos : le goût du risque !Le commerce équitable exige audace et réactivité

L’exceptionnel cru laotien des hauts plateaux des Bolovens n’aurait jamais pu faire son entrée dans la gamme Malongo sans les investigations, initiatives et prises de risque qui font l’esprit de la marque. Ou comment Malongo s’y prend pour proposer des cafés uniques !

Ingénieur agronome globe-trotter et passionné de café, le chargé de mission Jean-Christophe Galland n’envisage pas de séjourner près de l’équateur sans visiter toutes les plantations de café sur son passage ! Au Laos, il découvre à 1000 mètres d’altitude les splendides hauts plateaux des Bolovens. Leur nature époustouflante est hélas menacée par le rachat de territoires immenses par des trusts asiatiques, à des fins agricoles ou pour le développement d’une usine de bauxite, dont le sol est riche. On lui a parlé d’un intéressant projet local monté par l’Agence Française de Développement. L’AFD a financé la construction de centres de lavage dans cinquante communautés, ainsi que la création d’une coopérative : l’Association des Groupements de Producteurs des Bolovens (AGPC). Un nouveau modèle économique d’organisation a été mis en place. Malongo arrive à l’époque où l’on achève la réalisation du centre de lavage et la première récolte. On s’apprête à la première exportation. Le projet semble excellent : construction d’équipements, rénovation des plantations… presque rien ne manque. Néanmoins, le bât blesse au niveau des débouchés commerciaux. D’autant qu’un exportateur privé laotien possède la quasi totalité des exploitations du pays : presque un monopole.

 

 

 

 

 

 

Saisir la balle au bond !

Malongo demande quelques échantillons et les ramène pour les tester dans son laboratoire niçois. L’exploitation laotienne reprend bien vite contact : la situation est critique. La récolte ne trouve pas preneur, les producteurs sont en colère d’avoir travaillé dur pour une paye qu’ils attendent depuis 5 mois ! Plusieurs containers de café sont à saisir. Les tests qualité menés dans le laboratoire français ayant été concluants… banco ! Malongo prend le risque d’acheter la totalité du stock, sans aucune certitude quant à la bonne conservation du café. Mais à réception, celui-ci s’avère d’une qualité exceptionnelle. Un arabica plein de corps, doté d’une belle longueur en bouche, révélant de superbes notes chocolatées et grillées… Il sera incorporé à plusieurs mélanges de la gamme, et également vendu en « origine pure ».

Aujourd’hui, par un jeu de concurrence dynamique avec les grands propriétaires laotiens contraints de s’aligner, le prix du café a presque triplé ! Le déblocage de fonds a permis de bâtir des centres de décorticage et de traitement du café. Les producteurs, autrefois contraints de payer pour le déparchage de leurs récoltes, sont désormais autonomes sur l’ensemble du processus de fabrication. Soutenu par l’Ambassade de France, Malongo est très impliqué dans ce projet et participe activement à son développement. Nous multiplions les contacts avec les paysans, le gouvernement et les bailleurs de fonds. Nous avons en grande partie financé un laboratoire de contrôle qualité et testons sans cesse de nouvelles variétés. En juin 2009, Jean-Pierre Blanc a été reçu au Laos comme un hôte privilégié, participant de près aux cérémonies rituelles telles que la bénédiction par les moines d’un nouveau bâtiment Malongo. Notre responsable qualité Delphine Luisin doit prochainement se rendre sur place former les petits producteurs à la dégustation et la torréfaction, afin qu’ils développent un marché local pour la vente aux touristes. Plus de 50 villages et presque 3000 familles sont nos partenaires !