Petite agronomie du caféLa caféiculture : un art pointu et exigeant

Le caféier est un arbre qui réclame des soins attentifs si on veut le voir s’épanouir et fournir de généreuses récoltes. Après la cueillette, les cerises doivent passer par plusieurs étapes gourmandes en eau, afin d’être transformées en café vert prêt à l’exportation.

Le caféier se satisfait de plusieurs types de sols (volcaniques, argilo-siliceux, sablonneux) à condition qu’ils soient bien irrigués, plutôt acides, et que leur profondeur permette le développement de son important système racinaire. Il apprécie la chaleur et l’ombre. Il faut attendre 3 années avant la première floraison et 5 pour obtenir une récolte importante. Le caféier vit une cinquantaine d’années, au cours desquelles les paysans doivent livrer un combat permanent contre nombre de maladies (comme l’Hemileiavastatrix) et parasites (chenilles, vers, punaises, mouches, scolytes). D’où un important besoin de traitements appropriés.

Après la récolte se pose le problème des besoins en eau. Le grain de café doit subir un traitement afin d’être débarrassé des enveloppes qui le protègent (mucilage, parche), et devenir un « café vert » propre à la torréfaction. Il existe pour cela une « méthode sèche », employée dans les zones tropicales moins humides (Afrique de l’Ouest principalement) : les cerises sont directement mises à sécher au soleil après la récolte. Mais dans les zones suffisamment arrosées, on a le plus souvent recours à la méthode dite « humide » afin d’obtenir un produit de qualité optimale. Dans un beneficiohúmedo, les cerises sont triées par flottaison (les cerises saines coulent), puis les deux grains en sont extraits : c’est le dépulpage. La pulpe récupérée est utilisée dans la fabrication de compost. Le café est mis à fermenter dans des bassins, après quoi il doit être lavé à grande eau puis séché. L’eau de lavage est difficilement recyclable. Elle est en général envoyée dans des bassins de décantation où le sol, comme un filtre, retient les résidus de matière organique et laisse s’infiltrer l’eau claire. Cette méthode humide aura nécessité 50 m3 d’eau par tonne de café vert.

 

 

Écoblanchiment : méfiez-vous du vert pâle !

L’écoblanchiment, ou greenwashing, est le pendant écologique du fairwashing, soit l’utilisation abusive, voire mensongère, de la « mode verte ». Des entreprises sans scrupules n’ont pas hésité à revoir leur stratégie de marketing, leur packaging, leur communication, pour entrer en concurrence avec les authentiques produits écocertifiés. Des labels aux garanties très floues ont vu le jour, qui ne font jamais d’états des lieux ni ne publient de chiffres. On en a vu être responsables de gros dégâts écologiques…

Face à ce phénomène, le consommateur se doit plus que jamais d’être un acteur, c’est-à-dire ne pas se fier aux apparences, mais au contraire lire en détail les emballages et prendre l’initiative de se renseigner de son côté.