Chapitre 2 - Remuer ciel et terreUn engagement qui puise ses racines dans la passion

Torréfacteur depuis 1934, Malongo fait son entrée en commerce équitable en 1992, à la suite de la rencontre entre son directeur général Jean-Pierre Blanc et le père Francisco Van der Hoff. Depuis, la marque parcourt le monde pour dénicher de nouveaux terroirs caféiers et les aider à décrocher la précieuse certification équitable. Parallèlement, Malongo multiplie les actions pour impliquer les institutions internationales et s’investit pour la promotion du commerce équitable en France.

Oui, vendre des produits issus du commerce équitable est une stratégie d’entreprise, c’est faire le choix d’un certain positionnement sur un marché. Aucune honte à cela ! Dans « commerce équitable », il y a « commerce ». On ne le répètera jamais assez, le commerce équitable n’est pas une forme de charité à la mode. Malongo n’est pas une ONG volant au secours des petits paysans du monde. Nous sommes une entreprise qui achète, torréfie et vend du café, noue des partenariats, génère des profits afin d’investir pour se développer, innover et proposer sa vision atypique du commerce.

 

Des partenaires commerciaux

Notre culture occidentale de la charité à l’égard des plus défavorisés continue à faire bondir le « père du commerce équitable ». Elle nous a entraînés dans un sentiment paternaliste qui représente pour eux le pire des affronts. Francisco Van der Hoff clame que la charité ne soulage pas la misère, mais au contraire l’entretient. Les petits producteurs à qui nous achetons notre café ne sont pas nos « protégés », mais des partenaires commerciaux avec lesquels nous négocions au même titre que nos fournisseurs européens. Nous sommes en droit d’attendre d’eux des engagements et un certain niveau de qualité. C’est là toute l’innovation du commerce équitable : aborder ces producteurs d’égal à égal, sans esprit colonialiste, sans condescendance, sans exploiter la précarité de leur situation, et définir avec eux des modes de fonctionnement afin que chaque partie en retire un maximum d’intérêt. La loyauté des échanges n’est pas une faveur que nous leur accordons. Elle est la garantie pour nous de disposer d’un produit noble, fabriqué dans les règles de l’art, dont le prix d’achat élevé rémunère la haute qualité.

 

 

De l’esprit du café

Bien plus qu’une stratégie, l’engagement en commerce équitable est une politique d’entreprise, c’est-à-dire un esprit. Ce n’est pas l’intérêt commercial qui est seul moteur de notre action, loin s’en faut. Si l’on est amoureux d’un produit agricole, alors on est amoureux de celui qui le cultive. On n’imagine pas un sommelier se dispenser de prendre la route pour partir à la rencontre du vignoble et des vignerons. Il passe du temps dans les terroirs, discute, échange, plaisante. Ce faisant, il renforce naturellement les liens de confiance mutuelle avec le maillon maître de la chaîne de fabrication du produit auquel il a voué sa vie. C’est non seulement nécessaire à la maîtrise de son métier, mais c’est aussi un plaisir et un enchantement sans cesse renouvelés. C’est ainsi qu’il peut reconnaître dans chacun des crus la personnalité, le savoir-faire, l’ardeur au travail et la passion de chaque vigneron. De même, nos cafés portent les nobles arômes du travail et de la culture de ceux qui leur ont donné le jour. Comment pourrions-nous seulement imaginer trouver un producteur dans la misère et le dénuement, et rester de marbre, ou pire, profiter de la situation pour lui acheter sa marchandise en dessous de sa vraie valeur ?

Derrière le nom de Malongo se cache une équipe de passionnés du café, d’aventuriers, d’originaux, qui chaque jour montrent leur foi, leur désir de s’exprimer dans cette révolution économique. Toute l’année, Jean-Pierre Blanc (directeur général de Malongo), Jean-Christophe Galland (chargé de mission pays producteurs) et leurs équipes, appuyés de passionnés bénévoles tels qu’Alfred Conesa (spécialiste du café et du cacao) parcourent les latitudes équatoriales, explorent les mondes du café, rencontrent, vibrent, succombent. Et quelquefois même souffrent, devant la misère et le potentiel inexploité des familles de producteurs, parfois à la tête d’un somptueux patrimoine caféier. L’expérience, la créativité, la passion de Malongo engendrent une énergie ardente, indispensable pour mener à terme des projets aussi complexes. S’investir pour le commerce équitable, c’est incessamment jongler, intercéder, ménager, remuer les pouvoirs publics, tenter d’influencer les institutions financières internationales, mobiliser des ONG, convaincre des producteurs, proposer des fonctionnements et mettre en place des protocoles viables à long terme. Le tout en veillant au respect des standards du label Max Havelaar. Parcours de longue haleine…

L’efficacité montrée par Malongo lui a valu d’être récompensé par le Prix 2008 Entreprises & Environnement, catégorie « Initiatives et management du développement durable », décerné par le Ministère du Développement Durable.

 

Une action française

Sur le territoire français, Malongo s’investit aux côtés de Max Havelaar pour accroître la popularité du commerce équitable, pour faire circuler un maximum d’idées afin que chacun se les approprie et éprouve l’envie de rejoindre le débat. Une action est menée auprès de l’administration pour le promouvoir, le diffuser et l’expliquer (colloques, rencontres, conférences). Malongo est disponible avec les journalistes et participe à un maximum de discussions sur la qualité, la gouvernance et la responsabilité environnementale. Nos interventions auprès des étudiants sont régulières, notamment dans les grandes écoles et les écoles hôtelières. Chaque année, lors de la Quinzaine Nationale du Commerce Équitable, nos équipes parcourent le pays avec des petits producteurs, à la rencontre des consommateurs français.